« La médaille du bien et du mal » de Eléazar

Article publié sur le Blog Sagesse de l’Archimagie le 12 Janvier 2012

Le désintéressement offre parfois à certains, l’image d’une compromission dans le cadre de la dualité bien/mal. Pourtant le désintéressement est à l’antithèse, à l’opposé total de cette dualité puisque c’est l’attachement, l’attentisme, l’intéressement pour soi-même, directement ou indirectement, qui caractérisent le bien, et que c’est le détachement, le lâcher-prise, le désintéressement personnel total, et le renoncement au profit personnel tiré d’un acte ou d’une situation dans laquelle on intervient, qui caractérise ce qui est « Divin », l’Absolu, l’Unité, l’au-delà du bien et du mal. D’ailleurs le mal aussi est tout particulièrement intéressé… Le bien, c’est bien, comme son nom l’indique, mais si ce bien est intéressé (ce qui en fait « le bien ») alors il y a création de karma enchaînant. Le bien piège les âmes qui s’attachent ainsi à la possibilité de recevoir toujours plus de bienfaits en contrepartie et le bien qui est fait finit par ne plus être sincère… avant de lentement dériver vers le mal.

Le bien est néanmoins le voie à emprunter pour évoluer. C’est en principe par là qu’on commence en effet, mais il faut savoir dépasser cette notion, par le renoncement à l’attente de toute forme de récompense (ce en quoi la notion de « paradis » est particulièrement perverse en termes de faux-semblants). Ainsi, lorsque le « bien » devient désintéressé et gratuit quant à soi-même, alors il cesse d’être le « bien », pour devenir l’au-delà du bien et du mal.

Le bien n’est bien que par rapport au mal et inversement, ce qui fait que l’un est indissociablement lié à l’autre, enchaîné à l’autre, et dépendant voire parfois esclave de l’autre, tout comme ceux qui les servent car en proportions inégales soit, celui qui sert l’un sert nécessairement l’autre. Le bien comme le mal ne motive l’action que pour l’attente d’un retour positif pour soi-même, donc attente de nature égoïste, au moins en partie, alors que se faire le serviteur de la cause de l’œuvre de l’Absolu et du plan Divin fait transcender ces deux notions, pour finalement transformer ce serviteur du Divin en aspect du Divin lui-même qu’il finit donc ainsi par devenir, devenant ce qu’il sert, d’ailleurs tout comme il le devient lorsqu’il sert le bien: un agent d’une bonté intéressée (ne serait-ce que par la satisfaction personnelle de se savoir ce bienfaiteur, faisant croître en soi l’orgueil, soit-il spirituel), serviteur donc de la dualité d’abord, puis de la duplicité, forcément, et enfin de la division pour finir. Le bien est un miroir aux alouettes en tant qu’idéal, mais il n’en reste pas moins un bon chemin, cependant et nécessairement chemin vers autre chose que ce qu’est le chemin lui-même, tôt ou tard. Le bien montre la direction. Il n’est pas un but. Un panneau montre vers ou aller, non pas le lieu où il faut s’arrêter…

En outre, n’existe ni le bien absolu ni le mal absolu, pas davantage que la vérité absolue ou l’erreur absolue. Tout est toujours relatif, et s’ancrer dans une position radicale conduit à l’extrémisme, voire le fanatisme, une forme tout du moins, lesquels finissent donc aussi par devenir dangereux (l’Islamisme en est la parfaite illustration alors que l’Islam authentique, en soi, est un joyau). Comme dit précédemment, le bien n’est bien que par rapport au mal, et le mal ne l’est que par rapport au bien. Vis-à vis d’une situation particulière, faire une chose peut-être bien sous un certain angle, et mal sous un autre. Tout dépend du regard qu’on lui porte. Ainsi, JAMAIS vous ne pourrez espérer servir le bien sans servir aussi sa contrepartie, celle à laquelle il se réfère en contexte et à laquelle il est lié! Cela, votre conscience sous-plantaire vous en présentera l’évidence tôt ou tard en espérant vous faire culpabiliser et vous renvoyer une image de vous-même dépréciative par rapport à votre idéal qu’il prétendra que vous aurez trahi, alors que pas du tout!

Pour éviter cet écueil, FAITE LE BIEN, soit, mais cultivez aussi le refus de l’attente de toute récompense, la recherche de quelque contrepartie… SERVEZ LE BIEN GRATUITEMENT et vous servirez alors, seulement alors, les œuvres de l’Absolu. Dans cette attitude, vous recevrez TOUJOURS ce qui vous est nécessaire, ce dont vous avez besoin, et parfois même ce dont vous avez envie… MAIS JAMAIS N’AGISSEZ DANS LE BUT DE LES RECEVOIR! Tel est le secret des Sages de l’Âge de Diamant et celui de la transformation de ce monde en autre chose que l’enfer qu’il est encore à bien des égards, et que seuls les efforts égoïstes ont conduit jusque là!

Les satanistes disent souvent qu’il leur arrive d’employer le bien, mais qu’indifféremment ils causent tout aussi bien le mal et la souffrance, tout comme la nature qui est parfois brutale et sans considération pour la vie qu’elle peut balayer d’un revers de la main par un simple coup de vent, la frappe de la foudre, un tremblement de terre ou autre, et qu’ainsi ils s’inscrivent eux aussi dans le seul cadre de ce qui est « naturel ».

Fidèlement à notre propre position philosophique nous ne pouvons rejeter l’argument du au simple fait qu’il émane d’eux, pour notre part plaidant pour l’omniprésence d’une vérité relative teinté d’erreur relative et inversement, néanmoins dans le discernement de leurs proportions respectives. Sur base de ce postulat cet argument de considérer le bien et le mal comme une simple vue de l’esprit face aux forces de la nature est parfaitement exact! Mais là où se trouve l’erreur en revanche, l’implication de leurs pleines responsabilités dans les conséquences destructrices de leurs actions, et là aussi où la démarche du sataniste se trouve mise en défaut, c’est dans le fait que le sataniste attend un avantage personnel à son action, alors que la nature non! C’est tout simple, mais la différence est monumentale. La nature s’inscrit dans le cadre de l’encours de forces auxquelles préside le plan Divin. L’action du magicien, qu’il soit « blanc » ou « noir », s’inscrit dans le cadre de forces qui président à son intérêt et qui, dans l’ignorance de l’enchaînement universel des causalités cosmiques et planétaires, interfère dans l’encours des forces naturelles, et génère ainsi le karma.

Le service désintéressé du plan Divin, au-delà du bien et du mal, à certains, peut paraître en apparence et à son propre jugement mental, tantôt bien, tantôt mal. C’est pourquoi il faut de même être absolument détaché du regard et du jugement que les autres portent sur soi si on ne veut tomber pas en esclavage car ils seront souvent conduits à vouloir nous compromettre afin que nous correspondions à ce qu’ils attendent de nous, et que vous soyons comme ils souhaitent nous voir, que nous fassions ce qu’ils s’attendent à nous voir faire, en contrepartie de la considération qu’ils acceptent de nous accorder ou des bienfaits dont ils pourraient nous gratifier en contrepartie de notre trahison de nous-même dans notre renoncement à notre droit le plus absolu d’être ce que nous sommes comme à exprimer l’élan de notre cœur tel que nous souhaitons l’exprimer sincèrement. Le service du bien comme du mal n’est jamais isolé ni ne représente jamais un engagement totalement indépendant. Il est au contraire inter-relié à celui d’autrui, reposant sur le principe de cet attentisme, tant de la rétribution des actes, que de l’autre dans son acceptation de faire le jeu qui est attendu de lui. Ainsi ce service là n’est jamais libre, aussi noble soit-il en apparences, mais perpétuellement contraint, nous rendant toujours esclave à un égard ou un autre, sacrifiant notre authenticité sur l’autel de l’attentisme de quelqu’un d’autre.

Alors soyez libre de tout, de tous, de l’opinion du monde, du bien comme du mal… Soyez simplement au service sincère et désintéressé à titre personnel, de ce qui est simplement Juste. Écoutez votre cœur. Essayez. Trompez-vous! N’en n’ayez surtout pas peur car dans votre sincérité, votre service de ce qui est juste sera authentique et ce qui en fait l’objet sera servi néanmoins, différemment de ce que vous envisagiez, mais il le sera car votre détachement en aura permis la correction en termes d’implications! Agissez dans la joie, dans le calme, dans la sérénité… Agissez selon les Cinq Piliers de la Perfection: aspirant à ce service parfait même sachant qu’il ne pourra l’être selon vos critères, en en fournissant les efforts, en étant sincère envers autrui et vous-même, en étant détaché, et enfin dans le rire, la joie, la légèreté du cœur et de l’âme. Telle est la perfection.

Méditez ces paroles et trouvez la voie en vous. Vous êtes sur la bonne route.

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